• Sandrine Demers

Ta tristesse en degrés celsius


Tu me parlais de température

Je hochais la tête en semblant être captivée par l'indice UV de la journée et le pourcentage d'humidité dans l'air à cette heure avancée de l'après-midi

Du coin de l’œil, je jetais des mires à ta main qui semblait vivre un moment de 8 sur l'échelle de Richter

Du tremblement rarement vu et observé dans cette région habituellement stable et contrôlée de ton anatomie

Un tremblement que tu tentais de dissimuler derrière ta tasse de café

J'ai poursuivi naturellement mon semblant d'intérêt en vers cette conversation thermique

Je t'ai demandé comment ça allait

En songeant que tu allais me répondre

" Très bien, toi" ou balbutié un mensonge comme celui-ci

Ce que tu as bien articulé sans faute grammaticale ni trémolo

Par contre, tes yeux gorgés d'eau tel de la noix de coco n'approuvaient pas cette affirmation

Tes joues cerise jouaient dans la même lignée que tes beaux yeux bleu aquarium

Elles semblaient avoir reçu toute qu'une averse

Ton corps trahissait ta dissuasion

Ton sourire de cire semblait fondre tranquillement pour laisser place au désarroi en fer forger

Tu ne le sais pas

Mais j’aurais aimé t’éponger le cœur

J'ai plutôt continué à boire innocemment ma tisane

J'ai fait assemblant que je croyais en tes talents d'actrices

Parce que je n’ai jamais été à l’aise avec le fait que tu souffres.

Pis te voir le cœur en confiture me mettait sur l’freeze

Tu ne le sais pas

Mais je te comprenais

C'est dur d'affirmer une tristesse

Que nous souhaitons renier fort fort

Je t’ai murmuré lorsque tu t’es levé pour aller aux toilettes

Que j’allais rester là

Pis c’était vrai

Sur l’freeze ou pas j’allais rester à tes côtés

C’est la seule chose que je savais bien faire


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