• Annik Gélinas

Caroline Dawson; une guerrière qui a pris une première place dans mes suggestions littéraires.


Auteure : Caroline Dawson

Éditions : Les éditions du remue-ménage

Type : Roman de type autobiographique

Plaira aux adultes et aussi aux jeunes adultes

201 pages


Valparaíso, décembre 1986, tremblement de terre entre les quatre murs d'une maison. Un homme et une femme annoncent à leurs enfants qu'il faut tout laisser derrière et fuir le Chili de Pinochet. C'est Noël, la petite Caroline a sept ans et elle aura la nausée durant tout le voyage. La fillette atterrit à Montréal. En plus de la neige dehors, il y a le tapis rouge vin de l'hôtel Ramada qui accueille les personnes réfugiées en attente de papiers. Il y a aussi Passe-Partout qui semble s'adresser à elle à travers le téléviseur. Après le premier appartement à Montréal-Nord, la classe d'accueil de madame Thérèse qui lui apprend le français, les enfants qui se moquent de ses cheveux et de sa boîte à lunch, la misère des rues d'Hochelaga, il y aura tout ce temps passé dans les banques où ses parents font des ménages. Entre l'exil, les fantômes du passé et le jeu des différences, la petite Caroline camouflera sa furieuse envie de vivre pour ne plus détonner et devenir une immigrante modèle.


Ce que je retiens de cette lecture

Cet automne j’ai lu « Là où je me terre » de Caroline Dawson. Ça m’a ramené à mon enfance; c'est-à-dire que je me suis rappelé ces classes d’accueil au primaire. Il était difficile de comprendre la réalité de ces enfants. Ils étaient loin de ce que nous étions. Du moins, c'est ce qu'on croyait. Ce roman nous livre avec émotions des parties de l’univers de ces personnes immigrantes qui arrivent ici et se confrontent à une langue, un système, un climat et surtout une différence qui semble non négligeable pour certains mais pourtant viscérale. Pour la petite Caroline, ça se passe à l’époque de la première mouture de Passe-Partout. La génération X s’y reconnaîtra. Cette petite Caroline tente de suivre la norme de "ce qu’elle devrait être" versus ce qu’elle est vraiment. À la poursuite de son identité propre qu’elle ne peut totalement exprimer, car elle veut être comme les autres. Elle mettra le couvercle sur sa fureur de vivre et son caractère flamboyant pour s’adapter comme enfant modèle afin d’être acceptée et aimée. Elle en fera un objectif. Elle sera témoin du sacrifice de ses parents, surtout de sa mère et de ses femmes qui veulent la meilleure vie possible pour leur progéniture. Tout en vivant son enfance de petite fille racisée déracinée de sa terre natale (qu‘elle a en fait un peu oubliée), elle se concentre sur "être convenable", pour ne pas dire parfaite, à la réalité québécoise/montréalaise.

J’ai aimé ! C'est un roman-récit qui se lit bien. C’est écrit pour comprendre. On a l’impression de connaître cette petite fille et sa famille.



Rédigé par : Annik Gélinas

Révisé par : Gabrielle Landry-Demers


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