• Annik Gélinas

Dégivrage

Dernière mise à jour : 13 mai


J’ai sorti mon cœur du congélateur

Un matin de juillet

Ça fait quand même de ça belle lurette

Vous savez l’un de ces matins où l’on se dit

Bin là, c’est l’été

Faque ça suffit tabarouette

Faut commencer à déballer.

Bon, faut dire que les contours avaient

Un peu pas mal séchés.

Enseveli sous d’autres viscères au froid,

Même adéquatement emballé,

Pour conserver sa bonne température

Y’aurait fallu que l’air circule mieux

Y’avait pas mal de cristaux de glace autour

J’pensais qu’il ne serait plus bon

Ça a pris pas mal de temps à fondre

Puis au bout d’un moment,

C’est par hasard que tu l’as vu et qu’t’as dit

« Hé ! C’est qu’il a l’air bon ! »

Avec précaution tu y as goûté un peu

J’avais peur de ce que tu dirais

Je voulais me cacher

Parce que moi, bin…

J’cuisine pas beaucoup

« Hmmm ! Les bouttes secs, ça donne du croustillant ! »

T’as dit que t’avais aimé ça.

T’avais vraiment aimé ça ?

Nageurs heureux mes yeux ont flotté

Heille ! Ça m’a donné de l’espoir

Mais je ne savais pas si je pouvais te croire.

En tout cas, de le conserver, j’avais quand même bien fait.

On s’en est délecté un peu

Puis beaucoup

Et Ô surprise !

Ça a carrément bien vieilli

Même que ça a pris de la valeur

Tu sais comme les maisons et les bons vins

On le déguste toujours

T’imagines-tu ?

Et j’te jure que cette belle boustifaille,

Elle existe bel et bien grâce à toi

Je te le dirai jamais assez alors je le répète

Merci merci à toi

Mon petit cœur

D’être rester vivant

Malgré le frette et le vent qui assèchent



Rédigé par : Annik Gélinas

Révisé par : Gabrielle Landry-Demers


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