Songe d’un rêve blanc
- Maxime Allaire
- il y a 1 heure
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Tu t’assois dans cette chaise berçante usée par les rêves qu’elle a portés, replaces le pli de ton pantalon qui te dérange sous ta cuisse et bascules ta tête vers l’arrière. Alors, tu fermes tes yeux, pousses un long soupir et laisses entrer tous ces souvenirs. Un flot d’images t’envahit, une grande vague de nostalgie te submerge et un voile humide vient se déposer sur tes rétines. Du revers de ta manche tu essuies tes larmes et poses de nouveau ta tête.
La fenêtre est craquée, le voile translucide l'entourant frémit, une douce brise vient se
poser sur ta joue. Tu te dis que c’est agréable, comme le baiser que ta mère déposait sur ta joue chaque soir avant de t’endormir. Lorsque tu entendais enfin ses trois petits coups résonner sur ta porte et qu’en l’entrouvrant, elle te disait – c’est l’heure mon ange – alors, tu savais que tes rêves seraient paisibles, qu’aucun cauchemar ne viendrait troubler ton profond sommeil.
Les premières images qui te viennent à l’esprit sont celles de l’appartement blanc. Ta mère et toi étiez installés dans ce demi-sous-sol depuis peu. Vous veniez encore de déménager. C’était le sixième que tu habitais en autant d’années de vie et pourtant tu ne te souviens d’aucun autre. Éreinté, ta mère s’était assoupie devant la télévision la veille. Tu t’étais alors réveillé au beau milieu de la nuit, comme par instinct. Tu te doutais qu’elle n’était probablement pas confortable couchée sur ce canapé deux places. Lorsque tu la réveillas, c’est à demi-consciente qu’elle suivi le long couloir menant à sa chambre, non sans devoir poser sa main sur le mur à quelques reprises pour ne pas perdre l’équilibre. Elle s’assoupi de nouveau sur son lit qui n’avait pourtant pas de drap.
Lorsque tu te réveillas le lendemain matin, tu te sentais tout énervé. Tu sautas de ton lit à pieds joints et arrivas dans le salon en courant. L’appartement était silencieux, ta mère n’est pas encore réveillée. La toute petite fenêtre de cette pièce laissait entrer une lumière éblouissante, presque aveuglante. Précipitamment, tu pris ton manteau, enfilas tes bottes d’hiver que ta mère avait sorties du placard la veille et courus à l’extérieur, poussé par une envie folle de découvrir ce qui s’y trouvait. En ouvrant la porte, c’est un paysage sublime, monochrome, que tu vis. La première neige du mois de décembre tombait à ce moment au ralenti. Tu étiras ta langue et goûtas, pour la première fois, à ce délice blanc.


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