• Raphaëlle Martineau

Toi quoi de neuf?




« Toi quoi de neuf  ? »


Une tornade de mots était prête à sortir de mes doigts. Quoi de neuf, quoi de neuf  ?

Je m’ennuie définitivement trop de ta personne; beaucoup plus que tu ne le mérites. Ton rire, le vrai, celui qui est si bruyant, chaleureux. Ta façon de m’énerver seulement pour me faire rouler des yeux, alors que tu sais très bien qu’au fond, je suis incapable d’être fâchée contre toi. Je m’ennuie de ta peau, de tes yeux qui comprennent, tes bras qui se resserrent contre moi. De ta voix, qui me dit que tu es là, que je peux dormir enfin parce que mon anxiété, tu t’en charges. Ta façon de me regarder alors que je suis entourée de gens.


Tes bras.

Ton odeur.


J’ai beau revenir d’un rendez-vous, je pense à toi sur mon chemin du retour en passant devant la sortie qui me mènerait dans tes draps.


Tout autour de toi me manque. Comment nous étions, nous deux ensembles.

Les soirées qu’on passait à parler, à rire.

Me sentir comme je me sentais à tes côtés.


J’essaye fort d’être en colère contre toi. J’essaye vraiment beaucoup. Je t’en veux. Ça oui. Cependant, j’aimerais tellement plus être en colère, qu’en manque de toi. Parce que le manque, c’est de retourner ses souvenirs en boucle et en boucle, parce que c’est tout ce qu’il nous reste. Le manque, c’est de passer chaque foutu jour devant ta boutique et continuer à regarder si tu travailles. M’ennuyer de toi, c’est encore écouter la playlist et de comprendre les paroles de plus en plus, mais sans ton aide. Parce que tu n’es plus mon copilote.


J’aimerais être en colère. Parce que je sais qu’elle ne te laisserait pas entrer à nouveau sous ma cage thoracique.


Mais le manque lui, même si tu ne me serais pas bénéfique, te laisserait revenir n’importe quand.


J’espère qu’un jour, tu joueras assez bien le bon gars pour réellement en devenir un. Et peut-être que là, la colère te laisserait revenir.


Mais toi et moi savons très bien que tu manques de courage et que ma colère aussi.


Mes doigts tapent sur l’écran froid.


« Outre que je stresse pour la correction de ma nouvelle, que je descends dans le bas du fleuve la semaine prochaine, que je travaille, pas grand-chose et toi  ? »


Rédigé par : Raphaëlle Martineau

Révisé par : Gabrielle Landry-Demers

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